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Google fait la fête, Facebook et Microsoft sourient

* Publié par Dominique Piotet le Mardi 30 Octobre 2007 | envoyer | commenter
Tribune libre de Dominique Piotet, Président de l'Atelier BNP Paribas à San Francisco

Le champagne a coulé ces deux dernières semaines pour un bon nombre d'investisseurs de Google. Introduit en bourse le 19 août 2004 à 85 dollars l'action, le cours de Google a franchi la semaine dernière la barre symbolique des 600 dollars, et s'approche rapidement des 650 dollars, qu'il pourrait atteindre voire dépasser d'ici la fin de l'année. Si tout se passe bien. La compagnie est ainsi valorisée à près de 190 milliards de dollars. Cela place Google dans le peloton de tête des entreprises de haute technologie mondiales, toujours loin derrière le leader Microsoft (280 milliards), mais largement au dessus des autres héros de l'Internet des années 1990-2000, Yahoo !, Amazon et eBay, qui plafonnent entre 37 et 50 milliards. La banque Bear Stearms, rejointe par de nombreux analystes, prédit un cours à plus de 700 dollars en 2008, et un chiffre d'affaires pour 2012 de 75 milliards de dollars. Six fois plus qu'aujourd'hui. Comme si cela ne suffisait pas au bonheur des investisseurs, les résultats trimestriels de Google ont eux aussi atteint des records. Annoncés une semaine après le franchissement des 600 dollars, ils dépassent largement les attentes. Le chiffre d'affaires a augmenté de 57%, pour s'établir à 4,23 milliards, et les bénéfices sont de 1 milliard de dollars.

Non content de ses performances boursières et financières, Google confirme également son leadership sur son marché. Selon l'institut ComScore, Google concentre en France 85% des recherches sur Internet, laissant loin derrière ses deux principaux concurrents : Yahoo ! (4%) et Windows Live (3,4%). Dans le monde, Google agrége 59% des recherches, contre 14% à Yahoo ! et 5,7% pour Baidu, le moteur de recherche chinois.

Mais, derrière cette belle image, et cet indéniable succès, se cachent des difficultés bien réelles, souvent occultées. Et un vrai échec.

Des difficultés de management d'abord. Le trio de tête de l'entreprise ne présente plus l'unité d'apparence qu'il a toujours offerte au public. Le directeur général, Eric Schmidt, manifeste de plus en plus ouvertement son irritation sur le mode de gestion « adolescent » des deux fondateurs, qui viennent d'avoir 34 ans, et éprouve des difficultés à professionnaliser et industrialiser une entreprise qui recrute plusieurs centaines de personnes par semaine. Les deux fondateurs, Larry Page et Sergei Brin, jusqu'alors très unis, semblent prendre des directions opposées. Larry Page est de plus en plus impliqué dans la gestion de la société, qu'il voudrait complètement régenter, malgré son manque d'expérience. Sergei Brin s'intéresse de plus en plus à l'achat d'avions gros-porteurs et autres gadgets coûteux, qui dénotent avec l'image de la société. Ces tensions du trio de tête ont des répercussions dans le management. Le directeur financier vient d'annoncer son départ, malgré des années de succès. Et Shona Brown, la médiatique directrice des ressources humaines, annonce qu'elle va désormais travailler à mi-temps. Alors même que l'entreprise connaît ses premières difficultés de recrutement, et de vraies tensions pour intégrer les très nombreux nouveaux venus. Ils seront plusieurs milliers cette année.

Par ailleurs, une analyse plus poussée des résultats de Google pose de nombreuses questions. Ses coûts d'opérations représentent environ 35 % de ses revenus, ce qui est élevé pour le secteur. Cela tient évidemment à la forte croissance de l'entreprise, qui doit recruter pour se développer. Mais les marges, certes importantes, se sont significativement réduites. Par ailleurs, la très grosse majorité des revenus de Google proviennent du marché de la publicité en ligne. Le reste de ses services, nombreux, ne représentent que 1% de son chiffre d'affaires. Or ce sont sur ces autres secteurs que Google investit le plus , même s'ils sont potentiellement porteurs d'avenir. En prenant des risques. On y trouve YouTube, les services Google Docs, ou le service de téléphonie GrandCentral par exemple.

Enfin, ces deux semaines d'euphorie apparente, derrière lesquelles se cachent bien des grincements, se terminent par une cruelle déception et un vrai échec pour Google, face à Microsoft, son opposant le plus frontal. Facebook, le site de réseau social qui a le vent en poupe, avec plus de 47 millions d'utilisateurs, vient d'ouvrir son capital à Microsoft. Rejetant une offre de Google. Et en se valorisant pour 15 milliards de dollars, alors qu'il n'est pas profitable et ne fait pas plus de 150 millions de dollars de revenus par an. Pour la première fois de son histoire, Google vient de se faire rafler une affaire majeure et stratégique par son pire ennemi, Microsoft. La bourse appréciera sans doute. Et la Silicon Valley va sûrement revisiter son appréciation de Microsoft, qui a très bien joué le jeu, et de Google, qui vient de rater une étape décisive. Une de plus ? Une de trop ?

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Les Commentaires des lecteurs
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le 30 Oct. 07 à 16h41
 
Edition
C'est surtout Google qui doit rigoler. 250 M€ pour prendre 1,6% du capital d'une boite. Certes MS sera régie. Certes FB fera la promo des web apps de MS. Mais il n'y a aucune prise de contrôle.

histoire de mettre les choses en perspective, Muroch a racheté 100% de MySpace pour 570 M$ et aujourd'hui, MySpace est deux fois plus gros que... Facebook.
 
le 31 Oct. 07 à 10h41
 
Edition
Google n'a pas besoin de Facebook.
Cet article manque d'analyse de fond. Google a les moyens en interne de développer un concurrent à Facebook sans dépenser 250 M€ pour une coquille vide.
cf blog.depreux.com...
 
le 07 Janv. 08 à 10h16
 
Edition
conovor,
à ce niveau, ce qui compte n'est pas le coût de développement mais la popularité et les coûts marketing.
Facebook c'est 60 millions d'utilisateurs. Combien cela pourrait-il coûter à une net-entreprise pour (accessoirement) développer un produit similaire et surtout atteindre la même popularité ?
 
 
 
 
 
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