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Caroline WIEGANDT : Altis, Cabinet de Conseil

* Publié par Jérôme Bouteiller le Vendredi 24 Mars 2000 | envoyer | commenter
Caroline WIEGANDT est Responsable de l'offre Knowledge Management du cabinet de conseil en management Altis.

JC - Madame Wiegandt bonjour. Pourriez-vous nous donner le point de vue d’un cabinet de conseil en management sur l’état actuel dumarché du KM français, notamment sur les acteurs et lesforces en présence ?

CW - Trois types d’acteursinterviennent sur ce marché encore très balbutiant en Europe duSud (hors Scandinavie, GB et Pays-Bas) :
-les SSII qui en faitvendent de l’installation de progiciel documentaire ou d’Intranet
-les cabinets de conseil endocumentation qui changent le « packaging » de leursprestations en l’intitulant KM et
-les cabinets de conseil enmanagement qui interviennent plusnsur les aspectsorganisationnels et conduite du changement. C’est lepositionnement d’ALTIS-Ernst&Young

Le marché estbalbutiant pour des raisons culturelles (individualisme,organisation verticale…) et de non maturité sur lemanagement de l’information et la maîtrise insuffisante destechnologies de l’Information et de la Communication.

JC - Quels sontles types d'entreprises qui sollicitent vos services en matièrede knowledge management. Ne croyez-vous pas que l’offre KMfrançaise s’adresse encore exclusivement à des entreprisesde taille importante ?

CW - Les grandesentreprises sont celles qui en parlent le plus mais celles quisemblent les plus prêtes à mettre de l’argent sont plutôtde taille moyenne, très conscientes de la part de leur capitalsous forme intellectuelle reposant sur quelques personnes clés.Les entreprises avec lesquelles nous travaillons ou sommes encontact sont pour beaucoup dans des positions de médiateursentre la recherche et l’industrie par exemple.

JC - Acontrario, pensez-vous que les entreprises françaises envisagentla " problématique KM " à sa juste valeur ? Necroyez-vous pas au contraire qu’elles tendent encore àsous-estimer leur capital immatériel du fait d’unetradition francophone souvent hostile au partage desconnaissances ?

CW - Clairementles Français sont très en retard mais ce retard existe déjàdans le management de l’information.

JC - Parallèlement,ne craignez-vous pas que le Knowledge Management devienne un" concept banalisé " permettant à certains de nevaloriser que les outils logiciels, au détriment d’unevéritable stratégie manageriale ?

CW - Le KM est ledernier concept à la mode sous lequel on met tout et le reste ;très souvent, il s’agit d’un simple coup de jeune surl’offre commerciale.

JC - L’offreKM d’Altis repose sur la méthode REX. Cependant, il sembleque vous n’envisagiez cette dernière que comme l’aboutissementd’un processus plus général de capitalisation desconnaissances. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?

CW - Nousproposons le REX en tant que Retour d’EXpériences mais pasla méthodologie au sens CEA du terme. La notion de rex pour nousimplique la prévision dans les plannings de temps pourréfléchir sur les acquis d’une action en ayant présent àl’esprit la possibilité de réutilisation .

JC - D'un pointde vue méthodologique , un " practitien KM "doit-il, ou peut-il, prendre en considération des élémentsthéoriques parfois peu opérationnels ? Par exemple n’a-t-ilpas intérêt, à l’instar de M. Grundstein, de considéreret capitaliser uniquement les connaissances utiles à larésolution de problèmes, notamment celles qui apparaissent dansl’interaction entre individus ?

CW - Je connaismal les idées de M. Grundstein mais la notion d’utilitéest très subjective et je préfère la notion de plan demanagement des connaissances établi en liaison avec les enjeuxde l’entreprise. En d’autres termes, il me semble trèsimportant de ne pas capitaliser sans avoir clairement à l’espritdes objectifs clairement identifiés.

JC - Enfin, nouspouvons dire que l'information et la connaissances sont desconcepts "fuyant" qui se prêtent difficilementà la mesure. Etes-vous capables d'évaluer pour une entreprisel'impact quantitatif, ou autrement dit le retour surinvestissement, de la mise en place d'une démarche de knowledgemanagement ?
CW - L’impact est plus souvent mesurable par la négative c’est-à-direpar le coût induit par un non management des connaissances qui n’ontpas permis les bonnes prises de décision à un instantdonné.
Entretien réalisé en Juillet 1999 parJérôme Chaudeurge

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