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« Web et papier : un mariage d’avenir pour la presse ? », une tribune de Nicolas Boutet

* Publié par Nicolas Boutet le Mardi 30 Septembre 2008
PDG de Wedia, éditeur d'une solution de gestion de contenu sur internet, Nicolas Boutet profite des premiers Etats Généraux de la Presse, organisés ce jeudi pour proposer cette tribune libre sur le mariage web et papier pour la presse...

Baisse du lectorat, licenciements à répétition, concentration des groupes de presse, le vent qui souffle dans les rédactions a de quoi inquiéter la profession et ses défenseurs. Ajoutons à cela l'expansion des supports numériques auprès d'un lectorat de plus en plus adepte de la toile, et nous avons là réunis les facteurs de la très médiatique « crise de la presse ».

A ce sujet, espérons que le rapport commandé par Nicolas Sarkozy à la discrète mission Giazzi, programmé pour la rentrée, pourra nous éclairer sur l'avenir de nos médias et les mesures à mettre en œuvre pour « accompagner les médias traditionnels confrontés au défi du numérique». En attendant, les réductions d'effectifs se poursuivent dans les rédactions, et les patrons de presse, en pressurisant les journalistes, pourraient bien être en train de se tirer une balle dans le pied.

Car si la production d'un journal coûte cher, et de plus en plus cher, c'est surtout parce que les postes de dépenses incompressibles que sont l'impression et la distribution sont dépendants de l'or noir (et de sa flambée), et sur ce sujet, les départs « volontaires » de journalistes ne compenseront sûrement pas les effets de la conjoncture !

La clé de la survie serait donc plutôt à chercher vers les nouveaux médias, les numériques, ceux qui peuvent se libérer des contraintes de l'impression et de la distribution.

Regardons par exemple la démarche entreprise par Les Echos il y a quelques mois avec le lancement de leur formule e-paper : s'il reste encore aujourd'hui quelques freins technologiques à l'adhésion collective à ce nouveau média, le projet a en tous cas le mérite d'aller dans le sens d'une recherche de nouveaux revenus et de la fidélisation des lecteurs par la mise à disposition d'un support complémentaire, correspondant aux nouveaux modes de consommation de l'information. Et plus les coûts de production des supports papier augmenteront, plus les initiatives comme celle des Echos deviendront rentables !

Plus courantes, les initiatives web se multiplient au sein des journaux et des magazines, une grande partie d'entre eux disposant aujourd'hui de leur portail dédié sur Internet. Ces stratégies sont intéressantes à plusieurs niveaux. Pour les patrons de presse, le web constitue une nouvelle source de revenu, encore renforcée par la vague 2.0 et son lot d'outils de recrutement / fidélisation de lecteurs et de services commercialisables en ligne -web participatif, forums, Tag2D, etc. Pour les journalistes, les stratégies multi-supports sont autant d'opportunités de renforcer les rédactions et de jouer sur les complémentarités : analyse sur le papier / actualité spontanée sur le web ; brève sur le papier / dossier de fond sur le web par exemple.

Cette tendance à l'interdépendance des supports a d'ailleurs donné naissance à un nouveau terme, le cross-média, où la capacité d'appréhender l'ensemble des supports (web, papier, mobile, e-paper, …) comme autant de composantes d'un média. En formalisant le principe de mise en réseau, le cross-média semble aujourd'hui ouvrir de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives de développement aux dirigeants de groupes de presse (par la monétisation d'une partie de l'audience notamment) comme à leurs rédactions (par la mise en place d'une ligne éditoriale cross-média intégrant les nouveaux outils interactifs).

A l'image des publicitaires, comme Lagardère et sa fameuse campagne « Emma Je T'aime », utilisée conjointement sur différents canaux (web, papier, affichage, …), le journaliste peut aujourd'hui fournir du contenu à son lecteur en permanence : article présentant un artiste dans le journal du matin, vidéo du dernier concert de l'artiste en ligne sur le site dans la journée, reportage photo dans le hors-série sur sa tournée internationale, etc.

Ainsi le web ne serait-il pas l'ennemi du papier mais une source de valorisation des titres et d'élargissement de l'audience. De quoi transformer la menace numérique en réelle opportunité !

Pour aller plus loin

Les actualités précédentes - eMarketers
Les Commentaires des lecteurs
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le 30 Sept. 08 à 14h36
 
Edition
Vite dit. Les audiences actuelles de 2 à 5 millions de VU ne permettront pas aux grands journaux de conserver des Rédactions de 2 ou 300 journalistes.

Idem, l'initiative E-Paper est une fausse bonne idée. Les écrans les plus populaires sont le téléviseur, l'ordinateur et le mobile. C'est sur ces trois écrans qu'il faut concentrer le feux.

La solution est connue : concentration, réduction des coûts et sans doute gros investissements commerciaux pour ne pas laisser les annonceurs à Google et consorts.
Edité le 30/09/2008 à 14:36
 
le 10 Oct. 08 à 00h48
 
Edition
Je suis tout à fait d'accord avec jbouteiller, d'autant que le phénomène de web 2.0 (et plus précisément d'UGC, pour user generated content) apportera son lot de contenu rédactionnel (mais pas seulement) et son besoin de nouveaux profils métier (orientés web). Même la nécessité de modération induite par le web de 2e génération, dans un premier temps assuré par le journaliste, sera couverte par les contributeurs eux-mêmes.
Cela ne signifie pas pour autant que le métier de journaliste va disparaître. Il faudra toujours des professionnels de la ligne éditoriale, garants d'une unité de contenu, sachant rédiger avec clareté, clairevoyance, et en bon français ;-)

Concernant l'e-paper, je pense également qu'il s'agit d'un outil mort-né. La concentration des supports est certes déjà un enjeu majeur des éditeurs, mais pour des raisons de capacité de stockage, de confort de lecture et surtout d'usages complémentaires, ce sont l'ordinateur portable et le téléphone mobile qui l'emportera sur le facteur mobilité.
 
 
 
 
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