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Quels systèmes de gestion du contenu (CMS) dans les rédactions web ?

* Publié par Ariane Beky le Vendredi 11 Avril 2008
Logiciels de gestion du contenu de sites internet, les CMS (Content Management Systems) sont les outils clés des rédactions web. Open source ou propriétaires, ils regroupent généralement : une interface d'administration (back office) et utilisateur (front office), un outil d'édition simplifiée de contenus multimédias, des modèles de pages automatisés (templates). Enfin, un outil de gestion du flux d'informations (workflow) permet à l'équipe éditoriale de travailler simultanément sur le contenu du site et aux personnes habilitées à valider ces contenus avant leur mise en ligne.

Des CMS, en veux-tu, en voilà !

Aujourd'hui, les rédactions web, les pure players en particulier, plébiscitent les systèmes libres et open source comme Drupal, Joomla, CMS Made Simple, WordPress et SPIP qui utilisent le langage PHP. On peut également citer Plone, avec Zope comme serveur d'applications, ou encore, côté Java : OpenCMS, MMBase et Magnolia.

Certaines rédactions web, notamment celles des agences de presse et des quotidiens nationaux, créent des systèmes hybrides à partir d'un socle open source. D'autres font le choix du « propriétaire » pour une partie de leurs actifs web, de l'open source pour une autre partie. Ainsi, le quotidien en ligne Liberation.fr a opté pour une solution développée par Nstein Technologies, société Canadienne (et non BT France), mais utilise Drupal pour ses sites voyages.liberation.fr et next.liberation.fr, et SPIP pour ecrans.fr. D'autres, enfin, créent leur propre CMS en s'appuyant sur le stack LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP/Perl/Python).


Pourquoi l'open source ? Il s'agit, d'une part, d'économiser le prix d'une licence d'utilisation dans certains cas, autrement dit d'obtenir un produit de qualité à un prix inférieur (voire un téléchargement gratuit) à celui d'un logiciel propriétaire, d'autre part, d'adapter ce produit à ses besoins à partir du code source du programme. On peut aussi adhérer à l'écosystème open source, à savoir : une large communauté de développeurs qui assure développements et tests, des contributeurs multiples, des forums actifs et la promesse de mises à jour régulières.

Hors jeu, les systèmes propriétaires coûteux comme Vignette Content Management et Interwoven Teamsite. Ces derniers ne ciblent pas les rédactions web aux effectifs et aux moyens encore limités, mais les grands groupes et les multinationales de Euronext à Nokia. Ces systèmes permettent de gérer des actifs informationnels en ligne (internet fixe/mobile) et hors ligne (print). Par ailleurs, ils doivent pouvoir s'intégrer dans les systèmes d'information existants constitués d'applications de multiples éditeurs (SOA ou Service Oriented Architecture).

Drupal plébiscité

Moins connue des internautes que la solution américaine WordPress, la plate-forme Drupal peut être utilisée pour créer différents sites web, des blogs aux sites communautaires à fort trafic. Né en Belgique en 2001, le projet Drupal fait des heureux parmi les informaticiens et les internautes avertis. Drupal aurait été téléchargé 2 millions de fois et Drupal.org revendique 240.000 membres. Les rédactions web de Forbes et The Onion aux Etats-Unis, Die Welt en Allemagne, Mediapart, France 24 et Rue89 en France, utilisent ce CMS.


Le témoignage de Rue89

« Nous voulions absolument un logiciel libre par choix économique et par adhésion à une approche en adéquation avec notre modèle participatif. Nous avons comparé différentes solutions, dont WordPress que nous avons écarté, avant d'hésiter entre Joomla et Drupal. Nous avons finalement opté pour Drupal et son architecture modulaire », souligne Laurent Mauriac, co-fondateur et directeur général de Rue89. De son côté, Damien Cirotteau, responsable technique du quotidien en ligne, précise : « nous utilisons Drupal à la fois comme CMS (front et back office) et comme framework pour notre réseau de développeurs indépendants et pour notre activité de prestataire à l'attention d'acteurs comme Glamour ou Le Nouvel Observateur pour Bibliobs. Nous y associons des web services externes dont Google comme moteur de recherche et Google Analytics comme outil statistique, ainsi que des modules additionnels, notamment pour assurer la compatibilité de l'interface avec l'iPhone. J'ajoute que nous pratiquons le développement constant et reversons à la communauté certains de nos développements (patches) ».

Nuxeo, plus qu'un CMS, une plate-forme de gestion de contenu d'entreprise

Conçu par l'éditeur français Nuxeo, le système open source de gestion de contenu Nuxeo Enterprise Platform (EP), alternative aux solutions propriétaires d'ECM (Enterprise Content Management) comme celles du canadien Open Text et de l'américain EMC Documentum, Nuxeo EP est basée sur la plate-forme de développement d'applications Java EE 5, s'appuie sur des standards ouverts et sur une infrastructure modulaire.

Au menu : indexation et recherche avancée (langage de requêtes NXQL), gestion électronique de documents et archives, gestion de l'information structurée et non structurée, import/export de données. Par ailleurs, les différents services Nuxeo peuvent être scindés sur plusieurs serveurs en utilisant Nuxeo Runtime et les possibilités de clustering permises par Java EE. Enfin, via Nuxeo Service Platform (SP), les développeurs peuvent accéder à des services et composants pour créer leurs propres applications de gestion de contenu.

Nuxeo EP équipe notamment les rédactions web de l'Agence France-Presse (AFP) et de l'agence britannique Press Association (PA).


Le retour d'expérience de l'AFP

« A l'origine du projet, nous cherchions à rénover nos produits multimédias, en particulier le Journal Internet en allemand et en français. Nous travaillons également à l'intégration de notre service multimédia en anglais : AFP News Online », témoigne Daniel Oudet, responsable du groupe ingénierie de l'Agence France-Presse.

Daniel Oudet ajoute : « nous voulions doter les journalistes des desks de production d'applications ouvertes et compatibles afin de pouvoir agréger des sources d'informations tierces aussi bien qu'internes. Nous avons réalisé une étude de marché en 2003 et nous en avons déduit un cahier des charges. L'idée était également de profiter de l'occasion pour migrer d'un système 'maison' écrit en C sous Unix, devenant difficile à faire évoluer, vers un système supportant en interne le format NewsML, architecturé autour d'un système de gestion de contenu fiable, performant et ouvert. Nous avons sollicité plusieurs fournisseurs, mais la plupart des solutions proposées étaient trop ciblées 'impression papier' et donc pas tout à fait adaptées à nos besoins. Nous avons donc opté pour une combinaison de solutions, celle de Profium (SIR, Semantic Information Router), pour la brique concernant les entrées/sorties, et celle de Nuxeo (EP, Enterprise Platform), pour la partie CMS et la console de travail sous Eclipse ».

A quel prix ? « Pour ce projet, précise Daniel Oudet, nous disposons d'une enveloppe de départ de 200.000 euros - elle couvre l'appel d'offres et le projet initial (matériels et logiciels pour les desks de Berlin et Paris). Mais l'enveloppe finale n'est pas encore fermée, les autres desks étant concernés. Aujourd'hui, nous nous approprions la solution en ingénierie et en exploitation, et Nuxeo nous accompagne pour les évolutions du CMS ». Un tel budget n'est pas l'apanage de tous.


Le choix du stack LAMP, l'expérience de CNET Networks France

« CNET Networks France utilise un système de gestion de contenu produit en interne sur une architecture open source de type LAMP », indique Mustapha Omar, directeur technique de CNET Networks France. Avant d'ajouter : « nous utilisons également des outils open source 'clés en main' pour des projets spécifiques afin de raccourcir les délais de mise en ligne de nouveaux services. Ce fut le cas, par exemple, en 2004 avec WordPress pour l'intégration de blogs d'experts sur ZDNet.fr et BusinessMobile.fr ».

« Les raisons qui ont motivé notre choix sont d'abord culturelles, liées à des impératifs d'innovation et de personnalisation », précise Mustapha Omar. « En effet, la technologie est un élément fondamental de la vision média de CNET pour produire des contenus interactifs et accessibles. Des raisons budgétaires ont également influencé notre décision : pour limiter les coûts de développement, nous avons fait le choix de mutualiser nos efforts en adoptant un même CMS pour tous nos sites CNET hors Etats-Unis (France, Royaume-Uni, Australie, Asie, etc.) J'ajoute que CNET est un pure player internet avec des sites médias lancés dès 1995, date à laquelle les CMS open source n'étaient pas aussi répandus qu'aujourd'hui. D'ailleurs, pour la petite histoire, le système de publication CNET aux Etats-Unis, également développé en interne, a par la suite donné naissance à un outil devenu depuis un produit commercial réputé : Vignette StoryServer ».

Satisfait du CMS en place ? « Le niveau de satisfaction est assez bon », déclare Mustapha Omar. Avant de conclure : « maintenir un niveau de satisfaction élevé passe, chez CNET, par des refontes régulières généralement réalisées en collaboration avec les principaux utilisateurs internes (journalistes...) L'idée étant d'éviter qu'un système techniquement avancé soit inadapté pour un usage quotidien ».

Choisir un CMS, un casse-tête ?

Pour une rédaction web et sa direction, choisir un CMS ne devrait pas être un casse-tête, à condition d'étudier de près les systèmes proposés sur le marché et de définir ses priorités : quels sont les moyens humains, techniques et financiers dont dispose l'entité pour déployer et maintenir le CMS ? Quels besoins devra satisfaire le système ? Quels contenus devront être traités et diffusés ? Comment devra évoluer le système ? Combien de collaborateurs utiliseront le CMS ? Quelle est leur dispersion géographique ?

Pour aller plus loin

Les actualités précédentes - Techno & Solutions
Les Commentaires des lecteurs
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le 11 Avr. 08 à 13h18
 
Edition
Vous dites : "le quotidien en ligne Liberation.fr a opté pour une solution développée par BT France". Cela n'est pas exact, il s'agit d'une solution éditée par Nstein Technologies, société canadienne, solution logicielle basée sur un CMS français édité par Eurocortex que Nstein a racheté. Ajoutons que 4 autres quotidiens au moins exploitent ce CMS en France, dont 20minutes, ce qui en fait, vous l'admettrez, une solution de poids sur le marché.
Message edité le 11/04/2008 à 19:03
 
le 11 Avr. 08 à 14h55
 
Edition
Vous dites que les rédactions choisissent l'open source pour économiser le coût d'une licence. Grave erreur ! D'une part, car les outils open source sont souvent vendus sous licence payante (Jahia, Alfresco) et, d'autre part, car une licence assure un gage de qualité et un accompagnement de l'éditeur. Faire le choix de l'open source n'est valable que si vous avez des équipes techniques capables de programmer et maintenir des développements liés à l'accessibilité, la haute disponibilité, la tenue en charge, l'ergonomie...

Il ne faut pas rêver, une communauté répond a un "pain point" bien précis à un instant T sous la forme d'un plug-in qui s'intègre plus ou moins bien à l'applicatif. Alors qu'un éditeur réfléchit à une problématique sous tous ses aspects afin d'avoir quelque chose de cohérent. Enfin, si l'éditeur ne propose pas lui aussi une "usine à gaz patchée de partout", juste pour suivre la concurrence ;-) C'est un peu comme bricoler sa voiture. Les gens préfèrent acheter une Twingo ou une C4 plutôt que d'essayer de tuner une vieille R5 pour laquelle on a encore accès effectivement au moteur... Même si effectivement il existe des garagistes qui maîtrisent toutes les astuces de la R5.

Dernier point: le coût d'une licence est souvent très inférieur au coût des développements spécifiques à faire. Le tout pour un résultat "spécifique" donc mal maintenu.
Message edité le 11/04/2008 à 19:37
 
le 11 Avr. 08 à 16h23
 
Edition
autant pour moi, je corrige de suite.
 
le 11 Avr. 08 à 23h50
 
Edition
nextone : les logiciels open source viennent en général avec un support fourni par une entreprise de services informatiques (parfois l'éditeur, pour les logiciels open source payants).

Une licence n'est en rien un gage de qualité comme le prouvent de nombreux logiciels commerciaux de piètre qualité, même lorsque le support vient avec la licence. Exemple avec Microsoft qui a vendu de nombreuses versions buguées de Windows comme Windows 98. Même jusqu'à Vista qui était considéré comme instable par beaucoup jusqu'au SP1 sorti récemment.

Une faille de sécurité récemment découverte dans le noyau Linux a été corrigée et déployée avec une efficacité et une rapidité qui ferait rougir de nombreux éditeurs de logiciels.
Edité le 11/04/2008 à 23:53
Message edité le 13/04/2008 à 16:45
 
le 14 Avr. 08 à 09h16
 
Edition
Les CMS open source conviennent à un usage particulier et à un contexte particulier. L'implémentation de ces derniers implique des coûts cachés de fonctionnement et des coûts de formation importants pour les utilisateurs et contributeurs du site.

Quand un problème survient sur votre site, il est facile pour le prestataire de renvoyer la balle à la "communauté" ou au code source original. Les économies initiales impliquées par le modèle open source sont vite grignotées par ces coûts cachés.

L'offre de modules complémentaires est, de plus, hétérogène. Le moindre module sera développé à prix d'or soit en interne soit par le prestataire.
Message edité le 14/04/2008 à 16:30
 
le 14 Avr. 08 à 14h16
 
Edition
Bonjour, pourquoi ne pas avoir parlé de eZ Publish (LAMP aussi) ?
Message edité le 14/04/2008 à 16:37
 
le 16 Avr. 08 à 18h53
 
Edition
Personnellement, on utilise SPIP et on est très satisfaits. Et je pense que c'est un des CMS les plus utilisés dans les rédactions web francophones, davantage que Drupal. En effet, en plus d'AgoraVox il faut citer Ecrans.fr comme vous faites, mais aussi Le Monde Diplomatique, Bakchich, Bellaciao, IndyMedia, Centpapiers, Act-Up, Le Mensuel.net, etc.

Carlo Revelli
AgoraVox
Message edité le 17/04/2008 à 08:24
 
le 22 Avr. 08 à 08h36
 
Edition
Bonjour, pour aller dans le sens Spip, j'ajoute que France Info utilise aussi ce CMS. Avec les années, SPIP devient une trés bonne solution dans le cadre d'un site alimenté par une rédaction de journalistes.

Emmanuel Valluche
Pix-L Communication
Message edité le 22/04/2008 à 16:41
 
Voir profilContacter le membre
le 22 Avr. 08 à 18h24
 
Edition
@nextone @jprabrougeau

Je suis bien d'accord avec vous : la question de la pérennité de l'investissement est très importante. Par contre, il me semble que la distinction entre libre et propriétaire n'est pas aussi simple. A un niveau général et à long terme, qui peut vous garantir la survie d'un éditeur privé ? Le fait que les sources sont publiques est un atout pour le libre.

A court ou moyen terme et au niveau d'une entreprise, il est possible de s'adresser à un packager qui va vous garantir un support sur un logiciel libre. Comme pour Red Hat avec Linux, des sociétés privées sortent des packages de logiciels libres dont ils garantissent le suivi. Dans le cas de Drupal, le créateur du coeur vient de lancer une start up qui commercialisera une solution packagée du CMS et des services.

Jean-Baptiste Ingold
atelier.rfi.fr...
Message edité le 24/04/2008 à 14:58
 
Voir profilContacter le membre
le 22 Avr. 08 à 19h34
 
Edition
@gugun

La solution Nstein est utilisée par de nombreux sites internet médias français en effet.
Un de ses avantages est d'optimiser l'exposition aux moteurs de recherche et proposer des informations connexes à l'information que les utilisateurs était venu chercher. De plus elle s'intégre aux workflow et l'existant. Sur 20 minutes par exemple l'intégration avec les blogs typepad est excellente.

Jean-Baptiste Ingold
 
le 24 Avr. 08 à 14h51
 
Edition
Jean-Baptiste, j'ai parlé du projet Acquia/Drupal ici www.neteco.com... et du marché open source là www.neteco.com... Autre chose, Nstein et TypePad sont des solutions propriétaires nord-américaines. Cordialement, Ariane.
Edité le 24/04/2008 à 15:06
 
le 18 Juin 08 à 19h14
 
Edition
Pour choisir son CMS LAMP, le mieux est de comparer objectivement.

Drupal, eZ Publish, Joomla!, WordPress 2.1 sont comparés ici : alpha.benchmarkr.com... avec comme base 190 critères techniques, fonctionnels...
 
le 26 Janv. 09 à 18h27
 
Edition
Non on ne peut pas choisir un outil en sa basant sur une grille qui compare des points techniques ou fonctionnels... Par exemple, on voit dans ce comparatif que Drupal équivaut plus ou moins à eZpublish alors que dans la réalité, eZ est très loin devant tant niveau fonctionnel que de la stabilité du code. En plus, on compare des CMS avec Wordpress qui n'est qu'un outil de Blog... Il n'y a d'ailleurs pas de meilleur CMS. un CMS correspond à un type de besoin. Drupal n'a aucunement l'intention de se comparer à eZpublish ou à Wordpress. Ces comparatifs n'ont donc aucune valeur et surtout aucun sens.

D'autre part, un coût de licence n'est pas forcément un gage de qualité, très clairement. Mais une absence de cout de licence n'est pas synonyme d'économies pour autant! loin de là. En effet, les solutions payantes, qualité du code mise à part, nécessitent en général un bien moindre travail d'intégration (paramétrage ou développement spécifique). Elles sont en général vendues très packagées et prêtes à l'emploi. En revanche, des solutions entièrement gratuites comme eZPublish ou TYPO3, demandent un gros travail de déploiement. Un travail souvent bien plus couteux qu'une licence. En contre partie, ces solutions dites de "framework" permettent de s'adapter beaucoup plus facilement au besoin quand une solution payante sera en général beaucoup plus stricte pour les évolutions futures.

Donc pour conclure: Oui, choisir une solution de gestion de contenu est un vrai casse tête, entre la définition du besoin, le coût à prévoir (licence + intégration), etc... C'est d'ailleurs pour ça qu'avant de choisir une solution et un intégrateur, les entreprises choisissent une société de conseil qui va se charger de la partie "casse tête" à leur place ;)
 
 
 
 
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